Le plan de financement : apport, crédit, subvention — dans quel ordre les ressources se placent
En résumé : Le plan de financement n'est pas un tableau de présentation : c'est la contrainte d'équilibre entre ce que le projet coûte et l'argent qui le couvre. Le terme figure dans les textes, mais jamais avec le même contenu. Le plan-type de l'étude technico-économique (annexe (V) du décret exécutif n° 26-154, JO n° 31 de 2026, p. 26) en nomme un à trois rubriques — apports en fonds propres, crédits bancaires, partenariats. Le cahier des charges de la concession foncière (annexe IV du même décret, art. 17) le réduit à deux puces. Le décret exécutif n° 22-299 n'en demande aucun au dossier d'enregistrement. La banque en fait une pièce nommée. Aucune de ces nomenclatures ne prévoit de ligne pour une subvention — et pour cause : le système comptable financier la range en produits différés (§ 124-2, compte 13), pas en capitaux propres. Cet article expose l'ordre dans lequel les ressources se placent, et pourquoi le fonds de roulement de démarrage est la ligne qui manque le plus souvent.
Mots-clés de cet article
1. Qui exige un plan de financement, et qui ne le demande pas ?
Le terme figure bien dans les textes officiels — mais jamais avec le même contenu, et jamais avec une ligne pour une subvention. Quatre documents, quatre nomenclatures. C'est ce qui explique qu'un même projet circule avec trois chiffrages différents.
L'enregistrement de l'investissement n'en demande aucun. Le décret exécutif n° 22-299 du 8 septembre 2022 énumère les pièces du dossier : la demande conforme à l'annexe (I) accompagnée de la liste des biens et services (article 3), la pièce d'identité de l'investisseur — complétée, pour une extension, de l'extrait du registre du commerce, du NIF et du bilan fiscal du dernier exercice clos (article 6) —, et une étude technico-économique pour les seuls investissements structurants (article 7). Le formulaire de l'annexe (I) se contente de deux déclarations chiffrées : le « Montant d'investissement prévisionnel (en KDA) » au point 8, et le « Montant des apports en fonds propres (KDA) » au point 9, ventilé « En numéraire » et « En nature ». Les onze formulaires publiés par l'Agence pour ce dispositif — demande d'enregistrement, listes de biens et services, apports en nature, procuration, états d'avancement — ne comportent aucun canevas de plan de financement.
Le plan-type de l'étude technico-économique en nomme un, à trois rubriques. L'annexe (V) du décret exécutif n° 26-154 du 14 avril 2026 (Journal officiel n° 31 de 2026, page 26) consacre sa partie V au « Plan d'investissement », dont le point 3 s'intitule nommément « 3. Plan de financement » et ne comporte que trois puces : « Apports en fonds propres », « Crédits bancaires », « Partenariats ». Son point V.1, « Investissement initial », en compte quatre : « Equipements », « Bâtiments », « Ingénierie / montage », « Fonds de roulement ».
Le cahier des charges de la concession foncière en nomme un, à deux puces. L'annexe IV du même décret (pages 20 à 25) ouvre son article 17, « Capacités financières » (pages 23-24), par cette phrase : « Le plan de financement du projet d'investissement envisagé, tel que défini par l'article 14 ci-dessus, se présente comme suit » — puis un coût global, un tableau « Structure de l'investissement » à trois colonnes (Rubriques, Montant en millions DA, %) couvrant les frais préliminaires, les bâtiments, les équipements de production et les équipements auxiliaires, et enfin une section « Schémas de financement du projet » réduite à deux puces : les apports en fonds propres en pourcentage, les crédits bancaires en pourcentage.
La banque en fait une pièce nommée du dossier. Le dossier constitutif d'un crédit d'investissement publié par la BNA range, parmi les documents comptables et financiers, un « Plan de financement de l'investissement », aux côtés de la « facture pro-forma et/ou contrat d'achat d'équipements récent (moins de trois (03) mois) » et d'une expertise par expert agréé pour tout apport en nature. La liste publiée par le CPA pour le crédit d'investissement d'entreprise exige de la même façon, à son point 11, un « Plan de financement prévisionnel sur la période du crédit ».
| Exigence | Enregistrement AAPI (décret 22-299) | Plan-type de l'étude (annexe (V), décret 26-154) | Cahier des charges de la concession (annexe IV, art. 17) | Crédit bancaire (listes BNA et CPA) |
|---|---|---|---|---|
| Un plan de financement est-il nommé ? | Non | Oui, point V.3 « Plan de financement » | Oui, à l'ouverture de l'article 17 | Oui, pièce du dossier |
| Rubriques de financement prévues | Aucune | Apports en fonds propres · crédits bancaires · partenariats | Apports en fonds propres en % · crédits bancaires en % | Libre, sur la durée du crédit |
| Décomposition de l'investissement | Point 8 de l'annexe (I), un montant en KDA | V.1 : équipements, bâtiments, ingénierie / montage, fonds de roulement | Tableau « Structure de l'investissement », en millions DA et en % | Justifiée rubrique par rubrique |
| Fonds de roulement | Hors champ du formulaire | Explicitement dans l'investissement initial | Absent des rubriques du tableau | Financé le cas échéant par un crédit distinct |
| Subvention, aide d'État, prêt non rémunéré | Hors champ du formulaire | Aucune ligne | Aucune ligne | Aucune pièce dédiée dans les listes publiées |
| Modèle de formulaire publié | Oui, l'annexe (I) elle-même | Non, un plan-type à suivre | Oui, le cahier des charges lui-même | Non |
Deux enseignements, et ils ne sont pas de présentation. Le premier : aucune nomenclature officielle ne prévoit de ligne pour une subvention ou un prêt non rémunéré. Le plan-type a bien une troisième rubrique, mais elle s'appelle « Partenariats » — autrement dit un apport de tiers, pas une aide publique. Le second tient à une divergence interne au même décret : l'annexe (V) place le fonds de roulement dans l'investissement initial, et le tableau de l'annexe IV ne lui réserve aucune rubrique. C'est précisément la ligne qui disparaît le plus souvent des plans que nous reprenons.
Conséquence pratique : le document le plus exigeant est celui de la banque, et c'est donc lui qu'il faut construire en premier. Les trois autres s'en déduisent par extraction ; l'inverse ne fonctionne pas.
2. Dans quel ordre les ressources se placent-elles ?
Un plan de financement est un tableau à deux colonnes qui doivent s'égaliser : à gauche les emplois — ce que le projet coûte —, à droite les ressources — l'argent qui les couvre. L'égalité n'est pas un contrôle de fin de parcours : c'est la contrainte qui impose l'ordre.
L'ordre ne relève d'aucun texte. Constat de terrain, et non règle de droit : dans la pratique observée au cabinet, les plans qui passent sont ceux construits dans cet ordre, parce que chaque ressource conditionne la suivante.
Le crédit-bail mérite une mention à part : il ne figure ni dans les emplois ni dans les ressources, puisque le bien n'est pas acquis. Il retire une ligne des emplois et la transforme en charge d'exploitation — ce qui allège le plan de financement mais alourdit le compte d'exploitation prévisionnel.
| Plan de financement — exemple strictement illustratif | Montant (KDA) | % |
|---|---|---|
| Emplois — équipements de production | 34 000 | 68 |
| Emplois — bâtiments et aménagements | 8 000 | 16 |
| Emplois — frais préliminaires et études | 2 000 | 4 |
| Emplois — besoin en fonds de roulement de démarrage | 6 000 | 12 |
| Total emplois | 50 000 | 100 |
| Ressources — apport en fonds propres (numéraire) | 12 500 | 25 |
| Ressources — crédit d'investissement | 35 000 | 70 |
| Ressources — crédit à moyen terme de fonds de roulement | 2 500 | 5 |
| Total ressources | 50 000 | 100 |
Les montants ci-dessus sont des valeurs d'exemple, choisies pour illustrer l'équilibre du tableau. Ils ne constituent ni une référence sectorielle, ni une structure recommandée.
3. Quel apport faut-il réunir avant de demander le crédit ?
Il n'existe pas de taux d'apport fixé par un texte général pour le crédit d'investissement : ni la liste de pièces publiée par la BNA, ni l'article 17 du cahier des charges de la concession n'énoncent de pourcentage minimum. Cette affirmation négative est délimitée aux textes et documents effectivement lus pour cet article et ne vaut pas au-delà.
En revanche, les dispositifs publics publient leurs taux, et ils sont instructifs parce qu'ils montrent comment l'apport commande le reste. Le portail officiel NESDA détaille ses formules de financement pour un projet pouvant atteindre 10 000 000 DA (données relevées sur le portail en novembre 2026) :
| Formule NESDA | Apport du promoteur | Prêt non rémunéré NESDA | Crédit bancaire |
|---|---|---|---|
| Autofinancement | 100 % | — | — |
| Financement mixte | 50 % | 50 % | — |
| Triangulaire — étudiants et chômeurs | 5 % | 25 % | 70 % |
| Triangulaire — non-chômeurs, Sud | 10 % | 20 % | 70 % |
| Triangulaire — non-chômeurs, Hauts Plateaux et régions spécifiques | 12 % | 18 % | 70 % |
| Triangulaire — non-chômeurs, autres régions | 15 % | 15 % | 70 % |
Deux lectures se dégagent de ce tableau. D'abord, la part bancaire est constante à 70 % dans toutes les formules triangulaires : ce qui varie, c'est la répartition des 30 % restants entre l'apport et le prêt non rémunéré. Ensuite, le dispositif ajoute des prêts non rémunérés complémentaires — jusqu'à 500 000 DA pour le loyer d'un local ou d'un emplacement portuaire, uniquement si un crédit bancaire est demandé à la création, et jusqu'à 1 000 000 DA au titre d'un fonctionnement exceptionnel.
D'après nos missions, et hors dispositif public, un apport annoncé en dessous d'un cinquième du coût du projet oblige presque toujours à renforcer le dossier ailleurs — garantie, nantissement, ou réduction du périmètre. Il s'agit d'un constat de pratique et non d'un seuil réglementaire.
Attention : les barèmes diffèrent d'un dispositif à l'autre, et parfois d'un support officiel à l'autre. Pour le crédit ANADE, une banque publique publie une grille sensiblement différente : un apport personnel de 1 % du montant global lorsque l'investissement ne dépasse pas 5 000 000 DA et de 2 % entre 5 000 000 et 10 000 000 DA, un financement non rémunéré de 28 % à 29 %, une part bancaire qui « ne peut en aucun cas être supérieure à 70 % du coût du projet », un taux de 6,75 % bonifié à 100 %, et un crédit sur huit ans dont trois de différé sur le principal. Les deux grilles coexistent sur des supports officiels. Il faut donc vérifier celle du dispositif effectivement visé — et non appliquer la première trouvée.
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Faire vérifier mon plan de financement4. Une subvention ou un prêt non rémunéré, est-ce de l'apport ou de la dette ?
La réponse comptable est nette, et elle surprend : une subvention n'est ni l'un ni l'autre. L'arrêté du 26 juillet 2008 fixant les règles d'évaluation et de comptabilisation du système comptable financier définit les subventions publiques comme des « transferts de ressources publiques » destinés à compenser des coûts supportés ou à supporter par le bénéficiaire (§ 124-1). Pour celles qui financent un actif amortissable, la présentation du bilan les traite en produits différés — et non en capitaux propres (§ 124-2).
Le reste de la section en découle, et chaque point a un effet direct sur le prévisionnel :
- la subvention est reprise en produits au compte de résultat au même rythme que les coûts qu'elle compense : pour une immobilisation amortissable, au rythme de la dotation aux amortissements (§ 124-2) ;
- une subvention qui ne finance aucun coût futur est constatée en produit à la date où elle est acquise (§ 124-3) ;
- sur une immobilisation non amortissable, la reprise s'étale sur la durée d'inaliénabilité, ou à défaut de clause, sur dix ans en linéaire (§ 124-4) ;
- elle n'est comptabilisée que si l'entité se conforme aux conditions attachées et si sa réception est raisonnablement assurée (§ 124-5) ;
- un remboursement est traité comme un changement d'estimation : il s'impute d'abord sur les produits différés non amortis, l'excédent passant en charges (§ 124-6).
La nomenclature des comptes le confirme sans ambiguïté. Le compte 13 s'intitule « Produits et charges différés — hors cycle d'exploitation », et c'est lui qui porte les sous-comptes 131 « Subventions d'équipement » et 132 « Autres subventions d'investissements ». Ni l'un ni l'autre ne relève du compte 10, « Capital, réserves et assimilés », ni du compte 16, « Emprunts et dettes assimilés ». Dans le modèle de bilan, la subvention n'apparaît donc pas au total des capitaux propres : elle est portée aux passifs non courants, à la rubrique « Provisions et produits constatés d'avance ». Et la fraction reprise chaque année transite par le compte 754, « Quotes-parts de subventions d'investissement virées au résultat de l'exercice ».
Le § 124-5 est celui qui fait reculer les plans de financement : une aide espérée n'est pas une ressource. Tant que la décision n'est pas notifiée, la ligne est une intention, et la banque la lit comme un trou.
Le prêt non rémunéré, lui, est sans ambiguïté : c'est une dette, remboursable, dont le seul avantage est l'absence d'intérêt. Il se place en ressource, mais il doit figurer au tableau de remboursement du prévisionnel — oubli fréquent, parce que l'absence d'intérêt le fait passer pour de l'apport.
5. La garantie FGAR ou CGCI est-elle une ressource du plan de financement ?
Non, et la confusion coûte cher au dossier. La garantie ne met aucun dinar dans le projet : elle réduit la perte du prêteur en cas de défaut. Elle se négocie après que le plan de financement est bouclé, pas pour le boucler.
Les conditions publiées par les deux organismes le montrent, et elles ne se recouvrent pas.
| Élément | FGAR | CGCI — garantie PME |
|---|---|---|
| Quotité garantie | De 10 % à 80 % du montant du crédit, définie projet par projet et portée sur le certificat de garantie | 80 % en création (entreprise exerçant depuis un an au plus), 60 % en développement, extension ou renouvellement d'équipement |
| Plafonds | 100 millions de DA par projet de création ou d'extension | Crédit éligible plafonné à 350 millions de DA ; assiette de la quotité plafonnée à 250 millions de DA ; engagement de la Caisse plafonné à 200 millions (création) et 150 millions (développement) ; cumul par entreprise plafonné à 250 millions |
| Durée de garantie | 7 ans au maximum en crédit d'investissement, 10 ans en crédit-bail | 7 ans au maximum, différé inclus, pour l'investissement corporel ; 10 ans pour le crédit-bail mobilier |
| Coût | Commission d'étude de 47 600 DA TTC depuis le 2 juillet 2023, payable au dépôt du dossier, puis commission d'engagement calculée annuellement sur l'encours garanti | Prime de couverture du risque de 0,5 % par an, assise sur l'encours en principal majoré des intérêts à percevoir sur les douze mois à venir ; commission de restructuration de 0,10 % en cas de consolidation |
| Cumul avec une autre garantie | Non précisé par la page consultée | Exclu : les projets « bénéficiant d'une autre garantie financière pour le même crédit » ne sont pas éligibles |
| Articulation avec l'accord bancaire | Garantie définitive accordée seulement après notification de l'accord de financement par la banque | Garantie PME soumise à l'accord préalable de la Caisse ; en garantie déléguée TPE/PE, délégation de décision limitée à 50 millions de DA de crédit et déclaration à adresser dans les 90 jours suivant la mobilisation totale |
Trois conséquences pour le tableau des ressources. D'abord, la quotité garantie ne remplace pas l'apport : elle porte sur le crédit, après que son montant a été arrêté. Ensuite, le coût de la garantie est un emploi à inscrire dans les frais préliminaires, et il n'est pas symbolique. Enfin, on ne cumule pas deux garanties sur un même crédit : la CGCI exclut expressément les projets déjà couverts par une autre garantie financière pour le même concours — il faut donc choisir, et le choix se fait sur la quotité et sur le coût.
Deux restrictions d'éligibilité à connaître avant de bâtir le plan sur une garantie CGCI : les activités commerciales, l'agriculture et la pêche en sont exclues, de même que les entreprises ayant des crédits non remboursés au titre des dispositifs ANSEJ, CNAC ou ANGEM. Et le point d'articulation à ne pas manquer reste celui du FGAR : sa garantie définitive n'arrive qu'après l'accord bancaire. Le plan de financement doit donc tenir sans elle au moment où il est déposé.
6. Qu'est-ce qui fait revenir un plan de financement ?
Ce qui suit relève de la pratique observée au cabinet sur des dossiers d'étude technico-économique et de financement. Ce ne sont pas des règles de droit, et aucun texte ne les énonce.
- Le besoin en fonds de roulement de démarrage est absent. Le plan équilibre l'investissement physique, et l'entreprise se retrouve sans trésorerie au premier mois d'exploitation. C'est le défaut le plus fréquent que nous corrigeons — alors que le plan-type de l'annexe (V) le range noir sur blanc dans l'investissement initial.
- Une aide non encore notifiée est portée en ressource. Elle est lue comme un financement manquant, et le § 124-5 du système comptable financier interdit d'ailleurs de la comptabiliser en l'état.
- Le prêt non rémunéré n'apparaît pas au remboursement. Il est traité comme de l'apport parce qu'il ne porte pas d'intérêt ; le plan de trésorerie devient alors faux à l'échéance.
- Les frais de dossier et de garantie ne sont nulle part. Commissions, frais d'actes, expertises : ils sont réels, et ils ne se financent pas tout seuls.
- L'apport est annoncé mais pas mobilisable. Un apport en nature non expertisé par un expert agréé ne tient pas devant la liste de pièces publiée par la banque.
- La TVA est oubliée sur les postes non couverts par la franchise. Tous les biens du projet ne bénéficient pas des avantages, et l'annexe (I) du décret 22-299 demande précisément de distinguer les biens qui en bénéficient de ceux qui n'en bénéficient pas.
Un dernier point, plus structurel : selon notre expérience, un plan de financement n'est jamais rejeté pour son seul déséquilibre — il est rejeté parce que l'une de ses lignes ne résiste pas à la question « sur quelle pièce repose ce chiffre ? ». C'est la même exigence que pour la liste d'équipements, et c'est pourquoi les deux documents se construisent ensemble.
Avertissement. Cet article présente une information générale sur la construction d'un plan de financement en Algérie à la date indiquée. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal, ni un conseil en investissement, ni une garantie d'obtention d'un financement, d'une aide ou d'une garantie. Les montants et pourcentages donnés en exemple sont illustratifs. Les conditions des banques et des organismes évoluent sans modification des textes : vérifier auprès de l'organisme concerné avant toute décision.
FAQ — Questions fréquentes
Oui, et c'est la ligne la plus souvent absente. Un plan de financement qui n'équilibre que l'investissement physique laisse l'entreprise sans trésorerie au premier mois d'exploitation. D'après nos missions, c'est le défaut le plus fréquent des plans que nous reprenons — constat de pratique, non une règle de droit. Le financement de ce besoin peut prendre la forme d'un apport complémentaire ou d'un crédit distinct de celui de l'investissement.
Non. L'arrêté du 26 juillet 2008 fixant les règles d'évaluation et de comptabilisation du système comptable financier range les subventions finançant un actif amortissable en produits différés, et non en capitaux propres (§ 124-2). La nomenclature le confirme : les sous-comptes 131 « Subventions d'équipement » et 132 « Autres subventions d'investissements » relèvent du compte 13, « Produits et charges différés — hors cycle d'exploitation », et non du compte 10 « Capital, réserves et assimilés ». Dans le modèle de bilan, elles figurent aux passifs non courants, à la rubrique « Provisions et produits constatés d'avance », et la quote-part reprise chaque année passe par le compte 754. Dans le plan de financement, la subvention figure bien en ressource — mais elle ne renforce pas les fonds propres au bilan.
Comptablement, non : le § 124-5 de l'arrêté du 26 juillet 2008 subordonne la comptabilisation d'une subvention au respect des conditions attachées et au fait que sa réception soit raisonnablement assurée. Dans un dossier de financement, dans la pratique observée, une ligne d'aide non notifiée est lue comme un financement manquant plutôt que comme une ressource.
Parmi les textes et documents lus pour cet article — décret exécutif n° 22-299, annexes IV et (V) du décret exécutif n° 26-154, listes de pièces publiées par la BNA et le CPA — aucun ne fixe de pourcentage minimum d'apport pour un crédit d'investissement de droit commun. Cette délimitation ne vaut que pour ces textes. Les dispositifs publics, en revanche, publient leurs taux, et ils divergent entre eux : le portail NESDA annonce 5 %, 10 %, 12 % ou 15 % d'apport selon le profil et la région dans ses formules triangulaires, quand une banque publique affiche pour le crédit ANADE un apport de 1 % ou 2 % selon la taille de l'investissement, avec 28 % à 29 % de prêt non rémunéré. Dans tous les cas la part bancaire est plafonnée à 70 %.
Non. Le FGAR couvre un pourcentage du solde du capital du crédit — entre 10 % et 80 % selon le coût et le risque du projet, défini projet par projet et porté sur le certificat de garantie, dans la limite de 100 millions de DA par projet de création ou d'extension. La quotité porte donc sur le crédit, après que son montant a été arrêté : elle ne se substitue pas à une ressource. Le FGAR précise en outre que la garantie définitive n'est accordée qu'après notification de l'accord de financement par la banque.
Non, puisque le bien n'est pas acquis : le crédit-bail retire la ligne correspondante des emplois au lieu d'ajouter une ressource. L'effet est d'alléger le plan de financement et d'alourdir le compte d'exploitation prévisionnel, le loyer devenant une charge. Le choix entre les deux montages ne se juge donc pas sur le plan de financement seul.
Sources et références
- Décret exécutif n° 22-299 du 11 Safar 1444 correspondant au 8 septembre 2022 fixant les modalités d'enregistrement des investissements — articles 3, 6 et 7 (pièces du dossier) et annexe (I), points 8 « Montant d'investissement prévisionnel (en KDA) » et 9 « Montant des apports en fonds propres (KDA) » (JO n° 60 de 2022, p. 12-13 et 15-16) — JORADP · Vérifié le 2026-11-02
- Décret exécutif n° 26-154 du 14 avril 2026 — annexe (V), « LE PLAN-TYPE DE L'ETUDE TECHNICO-ECONOMIQUE » : partie V « Plan d'investissement », point V.1 « Investissement initial » (équipements, bâtiments, ingénierie / montage, fonds de roulement) et point V.3 « Plan de financement » (apports en fonds propres, crédits bancaires, partenariats) ; partie VI « Prévisions économiques et financières » et partie VIII « Calendrier de réalisation » (JO n° 31 de 2026, p. 26) — JORADP · Vérifié le 2026-11-02
- Décret exécutif n° 26-154 du 26 Chaoual 1447 correspondant au 14 avril 2026 modifiant et complétant le décret exécutif n° 23-487 du 28 décembre 2023 — annexe IV, « Modèle-type du cahier des charges fixant les clauses et les conditions applicables à la concession convertible en cession du foncier économique… », article 17 « Capacités financières » : « Le plan de financement du projet d'investissement envisagé, tel que défini par l'article 14 ci-dessus, se présente comme suit », tableau « Structure de l'investissement » et section « Schémas de financement du projet » (JO n° 31 de 2026, p. 20 à 25 ; article 17 p. 23-24) — JORADP · Vérifié le 2026-11-02
- Arrêté du 23 Rajab 1429 correspondant au 26 juillet 2008 fixant les règles d'évaluation et de comptabilisation, le contenu et la présentation des états financiers — §§ 124-1 à 124-6 (subventions publiques, produits différés, rythme de reprise, conditions de comptabilisation, remboursement) ; point 220-1 et modèle de bilan (les produits constatés d'avance figurent aux passifs non courants, hors capitaux propres) ; nomenclature des comptes : 10 « Capital, réserves et assimilés », 13 « Produits et charges différés — hors cycle d'exploitation » avec 131 « Subventions d'équipement » et 132 « Autres subventions d'investissements », 16 « Emprunts et dettes assimilés », 754 « Quotes-parts de subventions d'investissement virées au résultat de l'exercice » (JO n° 19 de 2009, p. 12, 20, 25, 39, 40-41 et 45) — JORADP · Vérifié le 2026-11-02
- Loi n° 22-18 du 24 juillet 2022 relative à l'investissement — article 4 (champ de l'investissement, dont la participation au capital par apports en numéraire ou en nature), article 8 (apports en capital en numéraire importés par le canal bancaire), article 31 (prise en charge par l'État de travaux d'aménagement et d'infrastructures pour les investissements structurants) et article 35 (non-cumul des avantages de même nature) (JO n° 50 de 2022) — JORADP · Vérifié le 2026-11-02
- Portail officiel NESDA, page « Financement » — formules de financement et taux de contribution : autofinancement, financement mixte, financement triangulaire (apport 5 %, 10 %, 12 % ou 15 % selon profil et région ; crédit bancaire 70 %), plafond de projet de 10 000 000 DA, prêts non rémunérés complémentaires de 500 000 DA (loyer) et 1 000 000 DA (fonctionnement exceptionnel) — NESDA · Vérifié le 2026-11-02
- Fonds de garantie des crédits aux PME (FGAR), « Modalités de la couverture » — quotité de 10 % à 80 % du montant du crédit définie projet par projet et portée sur le certificat de garantie, plafond de 100 millions de DA par projet de création ou d'extension, durée maximale de garantie de 7 ans (crédit d'investissement) et 10 ans (crédit-bail), commission d'étude de 47 600 DA TTC depuis le 2 juillet 2023, commission d'engagement sur l'encours, garantie définitive après notification de l'accord de financement par la banque — FGAR · Vérifié le 2026-11-02
- Caisse de garantie des crédits d'investissements (CGCI), « Garantie déléguée TPE/PE » — délégation de décision « limitée à un montant de crédit maximum de Cinquante (50) millions de DA » et déclaration de garantie à adresser dans les 90 jours suivant la mobilisation totale du crédit — CGCI · Vérifié le 2026-11-02
- Caisse de garantie des crédits d'investissements (CGCI) — conditions publiées de la garantie PME et de la garantie déléguée TPE/PE (fiches produits et FAQ officielle) : crédit éligible plafonné à 350 millions de DA, assiette de la quotité plafonnée à 250 millions de DA, quotité de 80 % en création et 60 % en développement, extension ou renouvellement, engagement plafonné à 200 et 150 millions de DA, cumul par entreprise plafonné à 250 millions, prime de couverture du risque de 0,5 % par an, commission de restructuration de 0,10 %, durées de 7 ans (investissement corporel, différé inclus) et 10 ans (crédit-bail mobilier), exclusion des activités commerciales, de l'agriculture, de la pêche, des entreprises ayant des crédits ANSEJ, CNAC ou ANGEM non remboursés et des projets « bénéficiant d'une autre garantie financière pour le même crédit » — CGCI · Vérifié le 2026-11-02
- Dossier constitutif d'un crédit d'investissement (document publié par la banque) — pièce nommée « Plan de financement de l'investissement » parmi les documents comptables et financiers, bilan d'ouverture et bilans prévisionnels sur la durée du prêt, « facture pro-forma et/ou contrat d'achat d'équipements récent (moins de trois (03) mois) » par rubrique de la structure d'investissement, expertise par expert agréé pour tout apport en nature — BNA · Vérifié le 2026-11-02
- Agence algérienne de promotion de l'investissement (AAPI), « Mallette de l'investisseur » — les onze formulaires publiés pour le dispositif de la loi n° 22-18 (demande d'enregistrement de l'investissement, liste des biens et services éligibles aux avantages, liste des biens constituant les apports en nature, procuration, état d'avancement du projet, etc.) : aucun formulaire ni canevas de plan de financement, de structure de financement ou de sources de financement n'y est publié — AAPI · Vérifié le 2026-11-02
- Banque de développement local (BDL), « Le Crédit ANADE (Ex ANSEJ) » — conditions publiées : investissement plafonné à dix millions de dinars, apport personnel de 1 % jusqu'à 5 millions de DA et de 2 % de 5 à 10 millions, financement non rémunéré de 28 % à 29 %, part bancaire qui « ne peut en aucun cas être supérieure à 70 % du coût du projet », taux de 6,75 % bonifié à 100 %, crédit de huit ans dont trois années de différé du principal, garanties limitées aux nantissements, gages, délégation d'assurance et adhésion au fonds de caution mutuelle — BDL · Vérifié le 2026-11-02
- Crédit populaire d'Algérie (CPA), « Crédits d'investissement » (clientèle entreprises) — liste publiée des pièces du dossier, dont le point 11 : « Plan de financement prévisionnel sur la période du crédit », à côté des bilans et TCR prévisionnels, des devis estimatifs et quantitatifs, des factures pro-forma de moins de trois mois et de l'étude technico-économique détaillée — CPA · Vérifié le 2026-11-02
