Vous vivez à l'étranger et louez votre bien en Algérie : ce que les impôts attendent de vous, mois après mois

En résumé : Un Algérien établi à l'étranger qui loue un logement, un local ou un terrain en Algérie est imposable en Algérie sur ces loyers (articles 3 et 93 du CIDTA). L'impôt se calcule sur le loyer brut, sans déduction de charges. Le taux est de 7 % pour une location d'habitation, 15 % pour un local commercial ou professionnel et pour toute location à une société, 10 % pour une terre agricole (article 104). Il se déclare et se paie sur l'imprimé série G n° 51, à la recette des impôts du lieu du bien, au plus tard le 20 du mois qui suit l'encaissement — même si le locataire n'a pas payé. Au-delà de 1.800.000 DA de loyers par an, ces 7 % ne sont plus qu'un acompte, et il faut aussi déposer la déclaration annuelle G n° 1 avant le 30 juin, avec un abattement de 25 % pour l'habitation. Les trois imprimés du bailleur, dont une procuration pour votre mandataire, se remplissent sur notre site.

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expatrié : le loyer algérien s'impose en Algérie 7 % habitation, 15 % commercial ou société G n° 51 au plus tard le 20 du mois suivant au-delà de 1.800.000 DA : G n° 1 et abattement de 25 % recette des impôts du lieu du bien bail d'habitation obligatoirement enregistré l'impôt reste dû si le locataire ne paie pas logement vide : taxe foncière à 11 % un mandataire en Algérie (art. 95)

1. Vous vivez à l'étranger : votre loyer algérien est-il imposable en Algérie ?

Oui. Le code des impôts directs (CIDTA) soumet à l'impôt sur le revenu les personnes domiciliées hors d'Algérie pour leurs revenus de source algérienne (article 3), et range explicitement parmi ces revenus ceux des propriétés situées en Algérie (article 93). Votre résidence à Marseille, à Montréal ou à Dubaï ne change rien. Le loyer d'un appartement d'Alger est imposé en Algérie, selon les mêmes règles que pour un propriétaire qui vit sur place.

Les conventions fiscales ne contredisent pas ce principe. Celle signée entre l'Algérie et la France, par exemple, prévoit que les revenus qu'un résident d'un État tire de biens immobiliers situés dans l'autre État sont imposables dans cet autre État (article 6), c'est-à-dire là où se trouve le bien. Votre pays de résidence peut aussi vouloir connaître ce revenu ; la convention qui le lie à l'Algérie organise alors l'élimination de la double imposition. Ce second volet se traite avec l'administration de votre pays, pas avec la recette des impôts d'Alger.

Un point mérite votre attention : l'article 3 compte parmi les critères du domicile fiscal en Algérie le fait d'y posséder une habitation. Si vous êtes à la fois propriétaire d'un logement en Algérie et résident fiscal d'un autre pays, c'est la convention entre les deux États qui départage. Nous n'entrons pas ici dans ce débat, qui dépend de votre situation précise. Retenez seulement que le loyer, lui, s'impose en Algérie dans tous les cas.

Enfin, l'administration peut demander à toute personne non domiciliée en Algérie qui y tire des revenus d'une propriété de désigner un représentant en Algérie, dans les vingt jours de la demande (article 95). Nous y revenons à la section 6. Mieux vaut l'avoir prévu avant qu'on vous le réclame.

2. Avant de louer : quel bail, et que faut-il faire enregistrer ?

Le code de l'enregistrement est net. Les baux d'immeubles à usage d'habitation, et leurs sous-locations, sont obligatoirement soumis à la formalité de l'enregistrement (article 222). Ils supportent le droit fixe de 1.500 DA de l'article 208.

Le bail d'un local commercial ou professionnel, dont la durée est fixée, suit un autre régime, avec un droit proportionnel de 2 % calculé sur le prix total du loyer, charges comprises, pour toute la durée du bail (même article 222). Un bail commercial de trois ans à 100.000 DA par mois supporte donc 2 % de 3.600.000 DA, soit 72.000 DA.

Type de bailEnregistrementDroit
Habitation (et sous-location)ObligatoireDroit fixe de 1.500 DA
Local commercial ou professionnel, durée limitéeObligatoire2 % du loyer total, charges comprises

Dans la pratique observée sur nos dossiers, les baux sont le plus souvent établis chez le notaire, qui se charge de l'enregistrement dans le mois (article 58 du code de l'enregistrement pour les actes notariés). Pour un propriétaire à l'étranger, il faut donc signer lors d'un séjour en Algérie, ou donner à un proche une procuration que le notaire acceptera. Selon notre expérience, les notaires demandent pour cela une procuration en forme authentique, établie au consulat ou chez un notaire — le modèle sous seing privé que nous proposons plus bas ne la remplace pas.

Laisser le logement vide n'est pas neutre non plus. La taxe foncière des propriétés bâties est de 3 %, mais elle passe à 11 % pour les résidences secondaires à usage d'habitation, non occupées et non louées, détenues par des personnes physiques (article 261-b du CIDTA), selon des modalités fixées par voie réglementaire. Pour beaucoup de propriétaires expatriés, c'est un argument de plus en faveur d'une location déclarée.

3. Combien d'impôt sur un loyer : 7 %, 10 % ou 15 % ?

L'impôt se calcule sur le montant global des loyers (article 43 du CIDTA). Charges, travaux et assurance ne se déduisent pas à ce stade. Le taux dépend de la nature du bien, de son usage, et d'un seuil annuel de 1.800.000 DA (article 104).

LocationLoyers annuels jusqu'à 1.800.000 DAAu-delà de 1.800.000 DA
Logement à usage d'habitation, loué à un particulier7 %, libératoire7 % provisoire, puis déclaration annuelle G n° 1
Local commercial ou professionnel non meublé, ou tout contrat conclu avec une société15 %, libératoire
Terrain non bâti, hors usage agricole15 %, libératoire
Terrain à usage agricole10 %, libératoire

« Libératoire » veut dire que l'impôt payé solde la question, et ces loyers ne s'ajoutent pas à vos autres revenus. Au-delà du seuil, c'est l'inverse. Les 7 % versés en cours d'année deviennent un acompte, les loyers rejoignent le revenu global et l'impôt définitif se calcule au barème, après un abattement de 25 % pour la location à usage d'habitation (article 85).

Trois exemples, sur la base des taux de 2026 :

  • un F3 loué 60.000 DA par mois à une famille, soit 720.000 DA par an, imposé à 7 %, soit 4.200 DA par mois et 50.400 DA sur l'année ;
  • le même F3 loué à une entreprise qui y loge un cadre, imposé à 15 %, soit 9.000 DA par mois. Le taux suit le locataire, pas seulement le bien ;
  • une villa louée 200.000 DA par mois, soit 2.400.000 DA par an, imposée à 7 % à titre provisoire, soit 14.000 DA par mois, puis une G n° 1 où 1.800.000 DA seulement entrent dans le revenu imposable après l'abattement de 25 %.

Le deuxième exemple est celui que les propriétaires découvrent trop tard. L'article 104 applique le taux de 15 % aux contrats conclus avec les sociétés, et l'imprimé G n° 51 range sur la ligne à 15 % les locations « au profit des sociétés ». Un logement loué à une entreprise pour son personnel ne relève donc pas du taux de 7 %.

Dernière frontière, la location d'un local muni du mobilier ou du matériel nécessaire à une exploitation commerciale n'est plus un revenu foncier. Elle se déclare dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, comme le rappelle l'imprimé G n° 1 lui-même. Si vous louez un fonds équipé, ce guide ne s'applique pas à vous.

Votre situation mérite un calcul vérifié

Taux applicable, seuil annuel, régularisation d'années non déclarées, organisation du mandataire : nous cadrons votre dossier de bailleur avant qu'il ne pose problème.

Faire le point sur mes loyers

4. La déclaration G n° 51 : quand, où, et comment la remplir ?

L'imprimé série G n° 51 est la déclaration des revenus provenant de la location, à titre civil, de biens bâtis et non bâtis. Il tient lieu de bordereau avis de versement. Vous déclarez et vous payez sur la même feuille.

1

Le délai tombe le 20 du mois qui suit l'encaissement

L'impôt est acquitté au plus tard le 20 du mois suivant la perception du loyer (article 42-3 du CIDTA). Un loyer encaissé le 3 septembre se déclare au plus tard le 20 octobre. Six mois payés d'avance en janvier se déclarent en une fois, au plus tard le 20 février.

2

Le dépôt se fait à la recette du bien, pas à celle de votre domicile

Le dépôt se fait auprès de la recette des impôts dont relève le lieu de situation du bien loué. Pour un appartement à Hydra, c'est la recette compétente pour Hydra — quel que soit l'endroit où vous vivez.

3

L'imprimé décrit le bailleur, le locataire, le bien et le montant

L'imprimé demande votre identité (NIF et NIN seulement si vous en avez), celle du locataire, la nature et l'adresse du bien, son numéro d'article d'imposition, la durée du contrat et la périodicité des loyers. Le tableau du bas reçoit le loyer brut et l'impôt, sur la ligne qui correspond à la location. Il se règle par chèque bancaire, chèque postal ou en numéraire.

Deux règles de l'article 42 surprennent presque toujours. D'abord, l'impôt est dû même si le locataire ne paie pas : à défaut de terme convenu au contrat, il est exigible le 20 de chaque mois. Ensuite, en cas de résiliation anticipée, le bailleur qui a payé l'impôt sur des loyers d'avance peut en demander le remboursement, à condition de justifier qu'il a rendu au locataire le loyer de la période non échue.

Remplir la G n° 51 en ligne. Notre outil reproduit l'imprimé officiel série G n° 51/2023, choisit la ligne et le taux selon le bien et le locataire, calcule l'échéance du 20 et imprime la déclaration prête à signer. Rien n'est envoyé : tout reste dans votre navigateur.

Ouvrir la déclaration G n° 51 →

5. Au-delà de 1.800.000 DA de loyers par an : pourquoi la G n° 1 devient-elle obligatoire ?

Quand les loyers bruts annuels dépassent 1.800.000 DA, le versement mensuel de 7 % devient une imposition provisoire, qui s'impute sur l'impôt définitif (article 104). L'imprimé G n° 51 le dit en toutes lettres : les contribuables concernés doivent aussi souscrire la déclaration annuelle de revenus, série G n° 1.

Cette déclaration se dépose au plus tard le 30 juin de l'année qui suit, auprès du service fiscal dont relève votre domicile fiscal (article 99). Pour le bailleur, elle se remplit en trois endroits :

  • la page 1, votre identification ;
  • la page 3, le cadre 4-2 des revenus fonciers : loyers bruts, abattement de 25 % pour l'habitation, revenu imposable ;
  • la page 6, la récapitulation, où la prime de la police d'assurance du propriétaire bailleur se déduit du revenu global (article 85).

Les acomptes de 7 % déjà versés viennent ensuite en déduction. Gardez donc les quittances de chaque G n° 51. Elles justifient le crédit d'impôt, qui se reporte sur le volet prévu à cet effet en dernière page de l'imprimé.

Un non-résident ne déclare sur la G n° 1 que ses revenus de source algérienne (articles 3 et 93). Vos salaires perçus à l'étranger n'y figurent pas ; vos loyers algériens, si.

Préparer la G n° 1 du bailleur. L'outil remplit les pages 1, 3 et 6 de l'imprimé série G n° 1 (2025) à partir de vos loyers de l'année : abattement de 25 %, revenu imposable, récapitulation. Les données saisies pour la G n° 51 s'y retrouvent déjà.

Ouvrir la déclaration G n° 1 →

6. Depuis l'étranger, qui dépose la déclaration et qui paie ?

La déclaration est à votre nom, mais rien n'exige que vous la portiez vous-même au guichet. Dans la pratique, la quasi-totalité des bailleurs expatriés que nous accompagnons confient ce dépôt mensuel à un proche resté en Algérie : un frère, une sœur, un parent, parfois l'agence qui gère le bien.

Pour que ce proche agisse sans difficulté, deux précautions valent mieux qu'une :

  • une procuration écrite, signée par vous et légalisée — au consulat d'Algérie de votre lieu de résidence si vous êtes à l'étranger. Elle précise ce que le mandataire peut faire (déclarer et payer, recevoir le courrier des impôts, encaisser les loyers, retirer les quittances) ;
  • un dossier tenu à jour, avec la copie du bail enregistré, pièces d'identité, quittances de chaque G n° 51. Ce sont ces quittances qui prouveront, en cas de contrôle, que vous avez payé.

Cette procuration répond aussi par avance à l'article 95 du CIDTA : si les impôts vous demandent de désigner un représentant en Algérie autorisé à recevoir les communications relatives à l'assiette, au recouvrement et au contentieux, vous n'aurez que vingt jours pour le faire.

Préparer la procuration du mandataire. Un modèle sur une seule feuille, en français et en arabe, prérempli avec vos données et celles du bien, avec les cases de signature et le cadre de légalisation. À signer devant le consulat.

Ouvrir la procuration →

7. Quel est le calendrier du bailleur, et que coûte un retard ?

ÉchéanceObligationTexte
Le 20 du mois qui suit chaque encaissementDéclaration et paiement G n° 51, à la recette du lieu du bienArt. 42 CIDTA
Avant le 31 janvierDéclaration des propriétaires d'immeubles donnés en location : locataires, loyers perçus l'année précédente, locaux vacantsArt. 285 CIDTA
Au plus tard le 30 juinDéclaration annuelle G n° 1, si les loyers dépassent 1.800.000 DAArt. 99 et 104 CIDTA
Dans les dix jours de la fin du bailAviser l'inspecteur : la rupture d'un contrat de location est traitée comme une cessationArt. 132 CIDTA

Le retard coûte cher, et vite. Pour un impôt payable au comptant comme celui de la G n° 51, le retard entraîne une majoration de 10 %, puis une astreinte de 3 % par mois ou fraction de mois, le tout plafonné à 25 % (article 402-2). Une G n° 1 qui n'est pas déposée expose à une imposition d'office majorée de 25 % (article 192), et l'absence de la déclaration de janvier des propriétaires à une taxation d'office (article 285).

Le calendrier le plus simple que nous conseillons : faire coïncider la date de paiement du loyer avec le début du mois, et le dépôt de la G n° 51 avec la deuxième semaine. Le 20 arrive toujours plus vite qu'on ne le pense quand le mandataire a lui aussi un travail.

8. Quelles erreurs voyons-nous le plus souvent chez les bailleurs expatriés ?

D'après nos missions, les mêmes situations reviennent. Aucune n'est rare, et toutes se corrigent mieux avant un contrôle qu'après.

  • Le loyer encaissé en espèces, sans aucune déclaration. C'est la plus fréquente. Le rattrapage porte alors sur plusieurs années, avec les majorations de l'article 402.
  • Le taux de 7 % appliqué à une location consentie à une société. Le contrat avec une entreprise relève des 15 %, même pour un appartement.
  • La déclaration portée au mauvais guichet, celui du domicile du mandataire au lieu de la recette du lieu du bien.
  • Le seuil de 1.800.000 DA franchi sans G n° 1, souvent après une augmentation de loyer ou l'ajout d'un second bien. Le seuil s'apprécie sur le total annuel des loyers.
  • Le bail non enregistré, qui prive le bailleur d'une preuve datée et l'expose à un rappel de droits d'enregistrement.
  • Aucune trace des paiements. Sans les quittances des G n° 51, rien ne prouve ce qui a été payé, ni ce qui peut s'imputer sur la G n° 1.

À retenir. Trois questions suffisent à cadrer votre situation : à qui louez-vous (particulier ou société), combien encaissez-vous par an (au-dessus ou au-dessous de 1.800.000 DA), et qui dépose pour vous le 20 de chaque mois. Le reste suit.

FAQ — Questions fréquentes

Sources et références

  • Code des impôts directs et taxes assimilées, édition 2026 — art. 3 (domicile fiscal, revenus de source algérienne), 42 et 43 (revenus fonciers, échéance du 20, impôt dû même sans paiement du loyer), 85 (abattement de 25 %, police d'assurance du bailleur), 93 à 95 (non-résidents, représentant en Algérie), 99 (déclaration annuelle au 30 juin), 104-II-2 (taux de 7 %, 15 % et 10 %, seuil de 1.800.000 DA), 132 (rupture du bail), 192 et 402 (majorations), 261-b (taxe foncière de 3 % et 11 %), 285 (déclaration des propriétaires avant le 31 janvier) — Direction générale des impôts (MFDGI) · Vérifié le 21/09/2026
  • Code de l'enregistrement, édition 2026 — art. 58 (enregistrement des actes notariés dans le mois), 208 (droit fixe de 1.500 DA), 222 (enregistrement obligatoire des baux d'habitation ; droit de 2 % sur les baux commerciaux et professionnels) — Direction générale des impôts (MFDGI) · Vérifié le 21/09/2026
  • Imprimé série G n° 51/2023 — « Revenus provenant de la location, à titre civil, de biens bâtis et non bâtis », déclaration tenant lieu de bordereau avis de versement ; imprimé série G n° 1 (2025) — déclaration annuelle des revenus, cadre 4 « revenus fonciers » et récapitulation — Direction générale des impôts · Vérifié le 21/09/2026
  • Communiqué relatif à l'IRG / revenus fonciers — dépôt de la déclaration série G n° 51 dans les vingt jours de la perception des loyers, auprès de la recette du lieu du bien — Ministère des Finances · Vérifié le 21/09/2026
  • Convention fiscale franco-algérienne du 17 octobre 1999, article 6 (revenus immobiliers imposables dans l'État de situation du bien) — commentaire officiel BOI-INT-CVB-DZA-20 — Bulletin officiel des finances publiques (France) · Vérifié le 21/09/2026
BENSAID Farouk ProfitPilot

BENSAID Farouk

Chargé d'Études Financières & Économiques — ProfitPilot NextGen Consulting

Expert certifié auto-entrepreneur, spécialisé en études financières, analyse des risques et études de marché pour PME, startups et investisseurs en Algérie. Voir le profil complet